12 avril 2015

 

Rosetta dans la tourmente d'une queue cométaire

 
Fin mars, alors que la sonde Rosetta était programmée pour effectuer un survol du noyau de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko à 6000 mètres d'altitude, les senseurs stellaires qui lui servent à déterminer son orientation dans l'espace et maintenir son antenne principale à haut gain parfaitement dirigée vers la Terre ont confondu les débris éjectés par l'activité croissante de la comète avec les étoiles de référence.

Le problème était apparu le samedi 28 mars dans la matinée, et jusqu'au lendemain dans la soirée, , les responsables des opérations de la sonde à l’ESOC (Darmstadt, Allemagne) avaient tout tenté pour maintenir coûte que coûte la liaison avec l'appareil. La tâche se compliquait encore du fait que les senseurs stellaires, qui avaient été éteints suite à leur dysfonctionnement, refusaient de redémarrer correctement. En conséquence, l'antenne de Rosetta se dépointait lentement, faisant craindre une rupture définitive des communications. Cette situation critique a entraîné la mise en "mode de sécurité" de la sonde et l'arrêt de ses instruments scientifiques.

Privée d'orientation, Rosetta sortait de sa trajectoire calculée et s'éloignait inéluctablement du noyau cométaire. Finalement, à près de 75 km de distance, les capteurs se sont enfin remis à fonctionner normalement et lui permettaient de s'orienter avec précision, rétablissant l'intensité du signal reçu sur Terre. Deux jours plus tard, à 400 km de distance, une manœuvre de correction de trajectoire était transmise à l'ordinateur de la sonde et était exécutée avec succès, ce qui lui permettait, le 8 avril, d'être de retour à 140 km de la surface du noyau.

Cet incident, qui n'était pas prévu, contraint à présent les scientifiques à reconstruire le programme de la sonde pour les prochaines semaines afin qu'elle ne s'approche plus à moins d'une centaine de km de la surface de 67P. La comète se rapproche en effet de plus en plus du Soleil, faisant augmenter son activité, qui ne fera que croître dans les mois à venir. Rosetta devra donc rester à distance respectueuse du noyau afin de ne plus subir de dysfonctionnements provoqués par les gaz et autres matériaux éjectés par la comète.
 
 

 
Cette image a été prise par la caméra Osiris de Rosetta le 14 février dernier lors d'un survol à 6000 mètres d'altitude de la région d'Imhotep du noyau de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Elle couvre une surface de 228 mètres de côté, faisant apparaître des détails de l'ordre de 11 centimètres PAR PIXEL, la meilleure résolution obtenue à ce jour. Le Soleil, Rosetta et le noyau étant alignés, on peut apercevoir l'ombre de la sonde à la surface en bas de l'image. Crédit ESA/CNES. Cliquer sur l'image pour obtenir le document en haute résolution (1,1 Mo).
 
 
 

 
Détail de l'image précédente.
 
 
 

 
Alors que Rosetta se retrouvait propulsée à 400 km de distance suite au dysfonctionnement de ses capteurs stellaires, sa caméra Osiris a pu saisir cette vue du noyau cométaire éjectant ses gaz et poussières. Crédit ESA/CNES.
 

 

 
 
 

Retour

Commentez cet article dans le forum